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afin d’obtenir de Dieu de bons maîtres d’école[1] pour les indigents ? « Pour moi, lui écrivait Bourdoise, je le dis du meilleur de mon cœur, je mendierais de porte en porte pour faire subsister un vrai maître d’école, et je demanderais, comme saint François Xavier, à toutes les universités du royaume des hommes qui voulussent, non pas aller au Japon ou dans les Indes prêcher les infidèles, mais du moins commencer une si bonne œuvre. Je crois qu’un prêtre qui aurait la science des saints se ferait maître d’école, et par là se ferait canoniser. Les meilleurs maîtres, les plus grands, les plus en crédit, les docteurs de Sorbonne n’y seraient pas trop bons. Parce que les écoles de paroisse sont pauvres et tenues par des pauvres, on s’imagine que ce n’est rien. Cependant, c’est l’unique moyen de détruire les vices et d’établir la vertu, et je défie tous les hommes ensemble d’en trouver un meilleur[2] ». Ainsi ce mouvement « nicolaïte », que l’on a ainsi appelé parce qu’il se rattachait à la création des écoles et du séminaire de la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet[3], ne paraît pas devoir être séparé de l’action alors toute-puissante de la Compagnie du Saint-Sacrement[4].

Il serait injuste de ne pas signaler, à côté de cette impulsion, les efforts faits par le parti janséniste en faveur de l’instruction. Assurément, son influence a été beaucoup plus restreinte et n’a pas donné lieu, à Paris, à des créations durables ; les petites écoles, plutôt destinées aux enfants de la bour-

  1. Nous ne nous occuperons pas ici de la « Bourse cléricale » de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, qui avait surtout pour objet la formation des ecclésiastiques. Cf. Dessein des assemblées de la Bourse cléricale établie à Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour l’instruction des ecclésiastiques destinés au service des églises paroissiales. Paris, Jean Dincour, 1657, in-12, 36 p. (Bibl. nat., D. 32080).
  2. Cité par A. Ravelet, Vie du vénérable de la Salle. Paris, 1874, in-8°, p. 69-70.
  3. Abbé P. Schœnher, le Séminaire et la paroisse Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Paris, 1909-1911, 2 vol. in-8°.
  4. Annales, p. 184, 26 janvier 1659, — « M. Leschassier, maître des comptes, l’un des principaux ouvriers de l’Hôpital général, fit savoir à la Compagnie qu’il avoit travaillé à l’établissement d’un séminaire de maîtres des petites écoles, ce qui fut fort approuvé ; on fit les assemblées à Saint-Nicolas-du-Chardonnet. » Christophe Leschassier était le père de Madeleine Leschassier, fondatrice des Filles de l’Instruction chrétienne.