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heureusement à Orléans, où elle a pris naissance par les soins et par l'industrie de M. Garot qui présidait aux écoles de cette ville. L'école que je visitai était de plus de cent écoliers et il y régnait un profond silence. »

C’est également cette méthode que recommandait le chanoine S. Cherrier dans son livre intitulé : Méthodes nouvelles pour apprendre à lire aisément et en peu de temps, même par manière de jeu et d’amusement…, paru en 1755.

L’esprit de parti s’en mêlant, on vit bientôt se produire une lutte de libelles et de brochures[1] répandus à profusion dans le pays. Le ministre de l’Intérieur, dans un article paru au Moniteur du 13 janvier 1818[2], prit la défense de l’enseignement mutuel. Il voulait détruire le malentendu entretenu par les Frères envers cet enseignement, qui n’était pas d’ailleurs dirigé contre leurs écoles, dont aucune n’était menacée. Il insistait simplement sur les services rendus par le nouvel enseignement, favorisé par la création d’écoles normales d’instituteurs[3]. « L’enseignement simultané, écrivait-il, offre un premier degré et un degré précieux de simplicité. La leçon du maître est donnée à la fois à plusieurs, autant qu’il en est auxquels elle peut à la fois parvenir d’une manière directe, plusieurs exécutent à la fois dans le même plan. A l’avantage de l’émulation se joint une heureuse harmonie, une sorte de discipline naturelle qui forme un ensemble organisé d’un certain nombre d’individus ; l’imitation, cette loi singulière de la nature humaine, est mise heureusement à profit. Toutefois, pour que ce système atteignît réellement son but, il faudrait que tous les élèves eussent des forces égales et pussent à chaque instant faire les mêmes pas. Autrement, il faudra que le plus instruit et le plus capable attende le centre, et il restera une queue de traînards qui, hors d’état de suivre, feindront d’apprendre, mais n’auront qu’une

  1. Voici les principales : Dubois-Bergeron, Des nouvelles écoles à la Lancaster, comparées avec l’enseignement des Frères des Écoles chrétiennes, légalement établies depuis un siècle. Paris, A. Le Clère, 1817, in-8° ; Lettre d’un catholique à M. le comte Chabrol de Volvic, préfet de la Seine, ou l’Institut des Frères des Écoles chrétiennes et les nouvelles écoles à la Lancaster citées au tribunal de l’opinion publique ; Lettres sur les écoles à la Lancaster, extraites du journal l’Ami de la religion et du roi, etc.
  2. Moniteur, 1818, p. 51. Il y fut répondu dans une brochure parue chez Le Normant, Un mot sur l’enseignement mutuel, 1818.
  3. Arrêté préfectoral du 22 juillet 1817.