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STANCES.


Non loin, sur la rive sauvage
Où se précipite le Gard,
S’élèvent d’étage en étage
Trois ponts qu’admire son regard ;

Mais de leurs antiques murailles
Il ne va point chercher l’auteur
Sur l’airain des doctes médailles
Que ronge le temps destructeur.

Qu’importe à sa douce ignorance ?
Il bannit les vœux indiscrets ;
Sur les bords qu’aima son enfance
Il vieillit et meurt sans regrets.

Puissé-je ainsi, loin des orages
Qui m’ont si longtemps agité,
Vivre et mourir sur ces rivages
Où mes aïeux ont habité !