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le respect auquel il a droit. Jamais vous n’entendrez une plainte de moi, ni ne verrez un signe qui pût en être la manifestation.

« Flora De Tristan. »


J’avoue qu’après l’envoi de cette lettre je me sentis soulagée ; c’était une satisfaction que réclamait la fierté de mon caractère de faire connaître ma pensée à toute la famille.

Mon oncle montra cette lettre à la famille. Joaquina fut la seule qui s’en offensât. Son mari lui fit sentir que l’état de douleur, d’exaltation dans lequel j’étais devait me faire excuser, et il lui donna l’exemple de l’indulgence en ne se plaignant nullement des paroles dures que je lui avais adressées. Le soir, don José, l’aumônier de la maison, vint me dire comme en confidence (mais je vis bien qu’il en avait reçu l’ordre) qu’on s’occupait, dans la famille, de former une bourse afin de me mettre à même d’acheter une petite propriété où je pusse vivre convenablement.

Ma cousine Carmen, Manuela, Althaus, don Juan de Goyenèche, tous, enfin, hors M. Le Bris, me blâmèrent beaucoup d’avoir agi comme je l’avais fait avec mon oncle, et surtout avec