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mon sillon.

vers sa mère qui ne s’était pas levée. Il entoura son cou de ses deux bras et se laissant glisser à genoux :

— Adieu, ma mère ; adieu, maman, murmura-t-il.

Et une voix basse, pleine de larmes, répondit :

— Adieu ! Charles, mon enfant !

— Ma mère, je reviendrai, reprit-il.

— Oui, mon fils, heureux ou malheureux, reviens.

Il se levèrent tous deux, et, lui la soutenant, ils rentrèrent.

À la porte de sa chambre, il l’embrassa encore et ils se séparèrent.

Le lendemain, avant le jour, la porte de l’appartement occupé par madame Després s’ouvrit doucement. Elle traversa sans bruit le corridor encore sombre et ouvrit une porte. Le jour naissant entrait librement par les fenêtres sans persiennes et éclairait confusément quatre lits placés aux quatre coins de la vaste chambre. Dans chacun d’eux il y avait un jeune homme endormi. Elle marcha vers celui du fond, à droite. Charles dormait là mais non pas du tranquille sommeil de ses frères. Son front était mouillé