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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/95

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l’église, un mur antique soutenant une plate-forme ou terrasse, fontaine abandonnée.

Nous rentrons à 5 heures et demie, nous nous séchons auprès du feu, quoique j’étouffe de chaleur, à la figure surtout, effet de la pluie sans doute. Elle tombe toujours ; un berger a dit à Giorgi qu’il ferait beau temps demain parce que l’on entend les coqs chanter. Dieu le veuille !

Je ne sors pas d’ébahissement à propos de la beauté des gens d’ici. Voilà bien la figure de l’homme dans tout son éclat ; les femmes, beaucoup de blondes, moins belles comparativement ; l’enfant et l’adolescent admirables. — Un portant un fusil, nez un peu avancé, large chevelure s’échappant de dessous son bonnet, qui a passé près de nous, en dessous de la fontaine. Bâton de berger pour attraper les moutons par la jambe.

Castri (Delphes), 9 heures 1/2.

Mercredi 8. — La chambre où nous avons couché hier avait un bon aspect ; enfermé dans ma pelisse, et ma couverture de Bédouin sur les jambes, je l’ai longuement considérée en fumant ma pipe, couché sur mon lit. J’étais dans le coin de droite, un flambeau posé dans l’angle de la cheminée, je regardais les poutres noircies de fumée ; une d’elles se trouvait éclairée et se détachait en gris des autres, les murs étaient couleur chocolat foncé, tout le reste poussiéreux ; la grande cheminée ronde, la table à X au milieu ; dans les coins, des tas d’olives qui séchaient, et des sacs pêle-mêle dans l’autre : c’était un vrai décor de théâtre (drame allemand), scène de nuit,