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triangulaire, dans le niveau du marbre, immédiatement au-dessus de la draperie qui passe au haut des cuisses et dont les lignes latérales s’en vont dans la direction de l’aine (un peu au-dessus, pourtant, il me semble ? ) ;

3° Un adolescent regardant un chien, style mou, cuisses détestables. Après le Parthénon, j’ai bien peur de ne plus trouver rien de beau en sculpture.

Nous sommes assiégés par des enfants qui chantent des noëls à notre porte, et qui quelquefois s’entr’ouvrent ; ils vont ainsi de porte en porte, chanter dans tout le pays. Quel silence dans ces villages grecs ! Quel désert ! Tout l’après-midi le vent a soufflé avec fureur, nous sommes abîmés de fumée, des troncs d’arbres entiers brûlent dans notre cheminée, dont le manteau est découpé comme une pèlerine.

Erimo-Castro, 8 heures et demie.

Lundi 6. — D’Erimo-Castro à Panapanagia, on monte par une pente douce se rapprochant toujours de l’Hélicon, qui est à votre droite. Vu à sa base, l’Hélicon a l’air d’un dos d’éléphant ou plutôt d’une carapace de tortue très bombée, verte, avec le dessus blanc ; nous ne voyons que le versant oriental. Il a trois grandes rides parallèles qui partent d’en haut et coulent en bas, plus foncées comme couleur, presque noires, pleines d’ombre. À travers la neige, nous voyons, aux deux tiers de son élévation, des pins très verts.

À Panapanagia, quantité de pressoirs sur les maisons. Ce sont des boîtes carrées avec des bras, comme serait une chaise à porteur renversée la tête