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deux ou trois ruisseaux où nos chevaux enfoncent dans la boue ; partout ces affreux petits bouquets épineux qui ressemblent à des hérissons verts et qui m’ont si joliment arrangé les chevilles l’autre jour, en revenant de l’Ilyssus.

THESPIES est sur un mamelon qui semble, quand on arrive dessus, juste entre l’Hélicon et le Parnasse. Un troupeau de moutons est échelonné au hasard sur le mamelon. Tantôt à Kokia, quand nous sommes partis, le pays, silencieux d’hommes, ne résonnait que du bruit de fer des clochettes des troupeaux ; après cela, rien.

Nous logeons dans l’école. Aux murs sont suspendus des tableaux imprimés pour les jeunes gars, avec, à quelques-uns, un petit bâton démonstratif.

Manière grecque de tenir les rênes d’un cheval. — Aux murs extérieurs d’une église située à dix minutes du village, sur un autre mamelon, Giorgi nous montre :

1° Un bas-relief représentant un cavalier drapé seulement au torse, tenant ses rênes de la main gauche, les ongles en dessus ; dans le col du cheval on voit très bien les trous où s’attachait la bride métallique, disposition qui se retrouve partout, non pas sur le col comme ici, mais à la bouche du cheval (ici, sic) et à la main du cavalier. Celui-ci, à la main droite, tient un bâton, la main posant sur la cuisse, comme une cravache ; la jambe gauche du cheval, enlevé au galop, est courbée en l’air, très longue ;

2° Une statue de femme, grande Victoire avec des ailes (sans tête), style dur et sec (en marbre pentélique), poitrine étroite, une bosse sous le nombril, mouvement de ventre exagéré ; un relief