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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/70

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à droite et bu par les irrigations des jardins. Où est le fameux pont où les gars d’Athènes venaient engueuler les femmes se rendant aux Mystères ? Si mes souvenirs ne me trompent, il y avait un bois de lauriers-roses à côté, dans lequel les gens se cachaient ; sur toute la route je n’ai pas vu un seul laurier-rose ? Après le bois d’oliviers, le sol est inculte, on ne rencontre que quelques petits bouquets épineux et que des bruyères, beaucoup de pierres. Les montagnes entourant toute la plaine d’Athènes me paraissent ainsi : elles sont grises à leur sommet et sans végétation. Au bout de la plaine, on monte. — Défilé du Gaidarion. — La montée est assez longue, la roche paraît sous la route, on descend.

Vue charmante de la mer : le golfe de Lepsina, pris entre les montagnes, a l’air d’un lac, on ne sait de quel côté en est l’ouverture. La route descend tout droit en face, comme si elle allait se jeter dans la mer. Pentes douces de terrain à gauche ; à droite, dans le rocher (à la place de Vénus Phile ? ) [Aldenhoven], sont taillées plusieurs excavations, la plupart ovales par le haut, un pied de hauteur environ, quelques-unes quadrilatérales et qui semblent destinées à recevoir des statuettes et des tableaux. Nous rencontrons un troupeau de moutons : les bergers portent dans leurs bras de petits agneaux qui ne peuvent marcher ; les hommes sont couverts de ces grands cabans en laine blanche et à long poil, et ont à la main de longs bâtons recourbés en croc ; chevelures fournies, bouclées, tombant sur les épaules au hasard ; la laine des moutons est très blanche et paraît fine. Au premier plan, le troupeau ; à gauche,