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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/54

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bleue à partir du milieu, c’est comme une longue plinthe qui règne. — Dans l’arsenal, formidables timbales des janissaires, couvertes de peau ; ça ressemble à des cuves à lessive ; épées à deux mains, du temps des croisades ; piques terminées par une sorte de khandjiar à deux branches ; pointes de fers de flèches, à dards rentrants articulés. Quand on voulait retirer le trait de la blessure, les deux pointes rentrées s’écartaient d’elles-mêmes, il fallait tout déchirer. Je manie le sabre de Mahmoud, il me paraît horriblement lourd ; celui d’Eyub moins long, plus commode, d’une largeur effrayante, bien en main et terminé en glaive, mêmement recouvert d’une peau verte. Je vois une très belle cotte de maille, flexible et souple comme de la flanelle ; en effet, c’étaient les gilets de santé d’alors. — Dans Sainte-Sophie, je ne vois rien de nouveau, je reste longtemps à regarder les arcs, deux rangées ; beaucoup de fenêtres en haut, la plus grande partie de la lumière tombe d’en haut ; les chérubins sont sans tête, c’est une réunion d’ailes. Pour les ablutions, vases énormes de chaque côté en entrant, fermés comme d’énormes cruches, très ventrues. — Dans le turbeh d’Achmet et de Soliman, longue inscription en caractères blancs sur porcelaine bleue, qui court tout autour ; rien n’est propre et gai comme les turbehs. Dans la mosquée d’Achmet, Stéphany va parler à des gens qui écrivent, à droite en entrant, et lit quelques lettres de l’alphabet. Dans la Solimanieh, nous ne voyons pas de docteurs professant comme la première fois ; en revanche, des femmes qui font leurs prières et prosternations à la manière des hommes. — Nous retournons voir les derviches