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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/44

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ni volupté ; c’est enfantin et caduc, on y sent l’influence de je ne sais quel Versailles éloigné, apporté là sans doute par je ne sais quel ambassadeur en perruque, vers la fin de Louis XIV.

Les appartements sont de couleurs différentes, l’un blanc, l’autre noir, l’autre rose, etc. ; dessus de cheminées en cuivre taillé à jour. — Bibliothèque dans une autre cour en face. — Collège des Icoglans ; nous voyons plusieurs de ces jeunes drôles, dont la plupart serviront plus tard au sultan. — Manuscrits entassés dans une armoire. Par terre, on nous déroule une pancarte sur laquelle sont peints les portraits des sultans, affreux petits bonshommes en turban, et accroupis sur des divans.

Salle du trône : fenêtre grillée, appartement sombre. Le trône est un baldaquin destiné à renfermer un divan, admirable chose en argent doré, incrusté partout de diamants et de pierres précieuses, vrai luxe oriental s’il en fut ! La bordure du baldaquin, partie comprise entre l’arc et la corniche, est ornée et terminée par des sortes de petit arcs, terminés par des sortes de glands du plus gracieux effet du monde. — Cuisines, rien de curieux. — Arsenal dans l’ancienne église Sainte-Irène. — Belle salle d’armes en dôme, voûtée, avec nefs pleines de fusils en mauvais état ; au fond, à l’étage supérieur, armes anciennes et d’un prix inestimable, casques persans damasquinés, cottes de mailles, communes la plupart, grandes épées normandes à deux mains. — Sabre de Mahomet, droit, large et flexible comme une baleine, la garde recouverte d’une couverture en peau verte ; tout le monde l’a prise et brandie, moi