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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/35

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l’un en robe, veste, et barbe noire, parlant très vite, avec volubilité.

Retour à bord et partis.

ARRIVÉE À CONSTANTINOPLE. — Mardi 12 novembre, à 7 heures du matin, nous apercevons Constantinople. — Iles des Princes, adroite : elles ont l’aspect désert ; à gauche, le château des Sept-Tours, puis longues files de maisons blanches ; à droite, Scutari, une forêt au-dessus : c’est le grand champ des morts ; le Bosphore devant nous ; Nez-du-Sérail à gauche, palais dans la verdure ; par derrière, dômes et minarets. On tourne cette pointe et l’on entre dans la Corne-d’Or, golfe entre Stamboul et Péra : c’est une mer peuplée de vaisseaux et gâtée seulement par deux ponts en bois.

Tandis que nous stoppons avant de débarquer, mine d’un caidji dans son caïque, qui se promène autour de nous : veste bleue, tarbouch, cheveux noirs, figure avancée, souriant un peu. Une caravelle a passé tout près de nous, côté bâbord, nous lui avons fait signe qu’elle allait le heurter, il nous a répondu par un sourire de fatuité accompagné d’un la de tête, muet, plein de confiance.

Fini de copier ces notes le samedi soir,

minuit sonnant, 19 juillet 1851, à Croisset.