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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/345

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Journée du mardi passée à mes caisses et à dormir. — Le soir, M. le conseiller de préfecture, homme bien et complètement nul. — Restes du théâtre : école municipale ; citernes romaines modernisées. — Adieu aux couchers de soleil roses.

Mercredi. — À bord de la chaloupe avec M. Ricordeau, propriétaire de Bône, tout en coutil gris, ressemble à Dainez. — Chaleur, beaucoup de femmes. — Passagers : le capitaine Robert, un avocat de Paris, un vieux en alpaga et à tabatière, conduisant deux jeunes femmes ; la petite g des quatrièmes et le vieux gendarme galant ; un chasseur d’Afrique ; le bureaucrate militaire à pantalon bleu, en lunettes, en casquette et en canne rotin ; un Alsacien ; le comte Polonais, tueur de Hons, grand blond à cheveux et à barbe, déplaisant : « Valareck ! valareck ! ». Un monsieur bien, officier de la Légion d’honneur, grisonnant, parent de M. F. Barrot. — Mes deux nuits sur le pont, les jambes de mon pantalon nouées avec des mouchoirs dans ma pelisse.

Les Profils et grimaces de Vacquerie et un volume de critiques de Texier, et Promenades hors de mon jardin de Karr.

Arrivé à Marseille à 2 heures. — Intolérable douane. — Odeurs. — Omnibus. — La vieille actrice de Bône, rôle de Mme Laurent, et une demoiselle de Philippeville, fille d’un pharmacien, grosse dondon enceinte.

Hôtel Parrocel. — Bain. — Embarras d’argent. — Fusil, armurier. — Je vais à l’Hôtel des Colonies. — Le père Ricordeau, dans le jardin. — Dîner : il ne vient pas ! Je vais chez le père Cauvière : colique. L’idée de M. de Body me vient