Ouvrir le menu principal

Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/342

Cette page n’a pas encore été corrigée


bon déjeuner, s… n.. de D… un bon déjeuner ! ! ! »

Le jeudi 27, partis à 3 heures. — Deux muletiers excellents. On monte, forêt charmante, le camp, à droite. — Rencontré deux officiers qui n’y comprennent rien. — Nous redescendons ; de temps à autre, une grande voiture de charbonnier dans la forêt. Les ordonnances du commandant sont au diable. Nous apercevons un bordj, deux Arabes dedans, deux troupiers de sa colonne, éreintés ; l’un a un coup d’air sur l’œil et un coup de soleil sur le nez. Désolés de l’état de leur commandant : « Vous êtes Carpentier ! », et il me prend au collet. Je découvre le moulin de Mezelfah, en bas, au bord de l’eau, la Seybouse. — M. Auberger, gros mastoc, assez cordial ; sa femme, brune, distinguée. Le commandant n’y tient pas pendant le dîner, se lève, se promène. — Couché dans le moulin. — Cartille, domestique.

Le lendemain, M. Auberger nous accompagne ; fourrure courte, bottes. — Lauriers-roses et saules pleureurs. Passage de l’hyène, passage du lion. Nous passons plusieurs fois une rivière, larges quais ; on remonte après. C’est exquis, délicieux, plein de fraîcheur et de liberté. Puis le paysage devient plus sec, les montagnes pelées reparaissent ; tout au fond, dune immense ; à gauche, les maisons blanches et un minaret : c’est Guelma. Nous allons longtemps dans la plaine.

MILESIMO. — Village atroce, tout droit ; ligne d’acacias devant les maisons basses, petites clôtures : c’est la civilisation par son plus ignoble côté. — Enseignes de marchands de vin, et les maisons sont vides, les fenêtres sans carreaux ; des