Ouvrir le menu principal

Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/337

Cette page n’a pas encore été corrigée


Quand on se retourne, le côté gauche des collines a disparu ; au fond, à droite, un mamelon comme une tortue. La plaine se soulève, on monte, tourne à gauche. — Manière dont les moutons marchent pour se garer du soleil, par lignes d’un à la file, chacun mettant sa tête, inclinée, contre la cuisse de derrière de son devancier.

Fondouk de Bordj-el-Massaoud. — Dispute avec un Algérien à cause de nos chevaux ; Si-Massaoudy entre à la fin de la bagarre. — Fusil de chasse. — Un de ses hommes portant un plat de petits oiseaux, blanc, propre, doux, yeux bleus, chéchia très en arrière, élégant. C’est un chasseur de fions : il en a tué 32. S’amuse très fort, amène des douzaines de femmes et ripaille, boit son café très lentement, accepte de l’eau-de-vie et me demande la bouteille.

On continue à droite, c’est élargi. — Makis, bouquets épineux. Nous arrivons à un cul-de-four, plus développé à gauche ; en face, montagnes assez basses. — Une petite rivière, Ouad-el-Louy, « rivière de l’amandier ». — Quelque temps après, on s’engage dans les gorges de Khangget-el-Kedim, charmant : lauriers-roses, oliviers sauvages énormes, puis sur un plateau un peu s’inclinant vers la droite de la montagne de Keff, comme des corniches successives.

Au fond, à l’extrême horizon, comme le haut d’un énorme pain de sucre un peu arrondi, tout noir. Keff est derrière la première montagne, qui est bronze avec une tache blanche.

Sur ma route, à droite, je rencontre une petite Bédouine, le coude dans la main et la joue dans les trois doigts ! Qui lui a appris cette pose-là ?