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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/332

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sûreté de la route. — Ça ressemble aux puits de Kosséir.

On remonte. À droite : grande ligne de montagnes basses, la première banque toujours noir vert et la seconde grise, estompée de bleu. La nuit vient, la lune me suit, à gauche.

Second paysage de jujubiers, mais plus disséminés. La plaine de Mez-el-Bab a au fond un entassement de montagnes basses, escalopées, bleuâtres, les unes derrière les autres. Quand on la découvre, elles semblent devoir vous boucher la route, puis elles se placent à gauche comme si elles glissaient invisiblement. Les montagnes sont tantôt à droite, tantôt à gauche : on dirait qu’elles se déplacent.

Pont EI-Koerichiah, village à droite, en haut ; c’est le lieu de jonction de la rivière d’Elsorieh et de la Medjerdah. Une grande ogive, deux petites latérales et deux fenêtres romanes : ça ressemble au pont de l’Eurotas avant d’arriver à Sparte. Traces de murs évidemment antiques ; les ruines marquées sur la carte ressemblent à celles de Carthage, comme matériaux. N’est-ce pas ici le pont d’Hamilcar ? Trois mamelons avant d’y arriver, puis la plaine est large, toute plate. Orges mûrs : c’est blond uni par terre et bleu rose à l’horizon.

À partir du pont, on entre dans la vallée de la Medjerdah.

MEZ-EL-BAB. — Sous la mosquée, hommes au café. — Un homme qui passe, au clair de la lune, portant de la braise sur sa tête dans un pot.

Ecrit au rez-de-chaussée du fondouk. — Enorme jarre pour me laver, qui a du mal à entrer par la porte.