Ouvrir le menu principal

Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/329

Cette page n’a pas encore été corrigée


taille flexible, sans corset, profil un peu allongé, nez fort, peau brune, dorée, lèvres minces et retournées, rouges comme du corail et très dessinées, large bouche et dents admirables. Les yeux sont archi-noirs, sourcils démesurés, en arcs ; elle a l’air de toujours sourire. Quelque chose de langoureux et de bon enfant dans tout cela.

Revenu à Tunis à 7 heures, sur un cheval atroce.

Lundi. — Retour du camp : poussière et vent, les blés mûrs remuent dessous, ça leur verse un glacis par-dessus leur ton rose. — Chameaux. — Réguliers. — Les irréguliers. — Fantasia des cavaliers dans la poussière. — Promenade avec M. Dubois sur les hauteurs. — Forteresse, vieux cimetière turc. Du haut, on voit les deux lacs et Carthage en face. — Carrières de pierres, un peu jaunâtres.

Mardi. — Course à Hammam-lif. — Sorti par le vieux cimetière, oliviers ; tourné à droite, monté sur le premier mamelon ; ravin. — Tout en haut, Fregy a perdu son burnous, il le retrouve. — Descendu à la bride, douar, chiens ; remonté. Les nuages font des taches sur la plaine et sur la mer.

Descendu. — Bains, café, au bord des flots ! bleus, petites coquilles. Pour aller à la Goulette, jardins, figuiers, petit pont en bois, les navires à droite. — Le village de Rhadès, blanc et propre, lieu saint ; un prêtre, à la porte d’une mosquée, hurle Vaseur, car il n’y a pas de minaret. C’est un rendez-vous de parties fines pour les musulmans, une espèce de Fontainebleau ; on y vient passer la