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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/323

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Bizerte était plus à l’Ouest que maintenant.

Sur l’éminence, au bord de la mer, deux disques d’eau comme à Carthage ; deux petits villages blancs au bord de l’eau, en dehors des murs. Il y a en avant comme un tumulus sur lequel est un fort ; les constructions espagnoles sont bâties (à la partie Ouest) sur des restes romains.

Du bas de Laliah, en face, à gauche, le village sur la montagne se détachant en blanc sur le ciel bleu cru (on contourne cette montagne) ; au pied, ligne de nopals. Quand on se retourne, vallée verte, avec des plaques noires ; au fond, le grand lac de Bizerte, comme une plaque d’acier : le soleil tape dessus, le ciel est tout blanc.

Formes étranges des peupliers dans les rues de Bizerte : on dirait des sycomores ou des pommiers.

Broussailles épineuses, à droite et à gauche ; de l’eau, des tortues, puis, entre deux coteaux à pente et évasés et couverts de bouquets (comme en Bretagne), vue de la plaine d’Utique, immense, toute plate, d’un vert blond, la mer au fond et les montagnes de Hammam-lif.

Quand on arrive : porte, un pont à gauche, que l’on passe, et l’on a un lac entouré de murs à droite, c’est le port. En face, quai avec boutique et quelques peupliers qui ont la forme de pommiers.

La maison de M. Monge, consul de France : à gauche, patio sans colonnes ; chien de chasse qui aboie ; drogmans : un maigre et brun, attaqué de la poitrine ; un Turc, ressemble à Joseph.

Visite à M. Suchinaïs, juif, bégayant, à tics dans la figure, ressemble en laid à Fiorentino. — Mme