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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/310

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pendant toute la nuit, afin d’écarter les chacals ; s’il se présente un homme (ou un danger quelconque), ils aboient d’une autre façon, pour donner l’éveil. Notre cahute est en terre, plus longue que large ; trois arbres fourchus soutiennent le toit, qui est en roseaux, et une lampe suspendue nous éclaire et vacille. Les chiens aboient, nous sommes couchés sur les planches.

Minuit, puces nombreuses.

Nuit gaie, Bogo seul dort, Sainte-Foix ne rêve que képi et revolver ; de temps à autre, un de nous se relève et alimente la lampe avec l’huile de notre boîte à sardines.

Le lendemain, dimanche 2 mai, partis de bonne heure, à pied, pour les ruines d’Utique.

Le pont de Dzana, vieux pont qui conduit à Bizerte ; le Dzana est une petite rivière, sur la droite, à un quart de lieue du douar.

Petites fleurs bleues, d’autres violet foncé, d’autres jaunes. Le ciel est couvert, mes compagnons chassent des cailles, les coups de feu pètent au milieu des petits cris des alouettes, dans les blés verts tout pleins de coquelicots en fleurs. Quand nous nous sommes levés pour partir, il y avait une grande bande bleue sur le ciel, du côté de l’Est.

Nous rencontrons à notre gauche, à mi-côte, deux douars de Bédouins. — Chameaux.

La route monte un peu, en inclinant sur la gauche, et arrive en angle droit sur un vallon ; premier, deuxième, puis troisième palmier à gauche. Plaines plates ; au milieu, à une lieue de distance, des ruines comme des palmiers et çà et