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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/296

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baraques de saltimbanques ; vue des hauteurs, de la même place. — Deux espèces de nains, parmi les ruines, recueillis dans le théâtre, trapus, têtes énormes, vêtements striés ; — travail évidemment punique.

CONSTANTINE. — Parti le soir, dimanche, sur la banquette. Il y a derrière moi deux Maltais, un spahi et un Provençal ou Italien. La voiture craque et gargouille comme un ventre trop plein. Ces animaux, derrière moi, puent et gueulent ; le Provençal veut blaguer le spahi, qui rit en arabe ; les Maltais hurlent ; tout cela n’a aucun sens qu’un excès de gaieté. Quelles odeurs ! quelle société ! « Macache ! macache ! » À ma droite, un petit monsieur tout en velours, entrepreneur de toute espèce de choses, assurances, terrains, etc. Il a été spahi.

La route est bordée de saules, les montagnes sont basses, cela ressemble au centre de la France ; la poussière obscurcit la lumière des lanternes, il fait très chaud, j’ai mal aux jeux. En montant à pied une côte, mon voisin me montre une place où il a, une nuit, en p…ant ainsi avec d’autres voyageurs, aperçu trois lions, couchés tranquillement ; le pays en est plein.

Au milieu de la nuit, nous nous sommes arrêtés dans un village. Auberge comme en Italie : grande salle nue, au premier au fond d’un corridor ; une longue table, des hommes qui dorment, un comptoir et des tonneaux. On entre dans une écurie ; escalier droit. Les auberges, qui sont pleines, ont l’air d’abord désertes.

Aperçu un incendie sur la droite ; de temps à autre, des files de charrettes dételées et stationnant