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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/259

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J’avais eu dans l’église envie de me jeter à ses pieds, de baiser le bas de sa robe ; j’ai eu envie, tout de suite, de la demander en mariage à son père (?) ! Dans la voiture, j’ai pensé à avoir son portrait et à faire venir pour cela de Paris Ingres ou Lehmann… si j’étais riche ! J’ai pensé à aller me présenter à eux comme médecin pour la guérir !… et de la magnétiser ! Je ne doutais pas que je l’aurais magnétisée et que je l’aurais guérie peut-être !

Que ne donnerais-je pas pour tenir sa tête dans mes mains ! pour l’embrasser au front, sur son front ! Si j’avais su l’italien, j’aurais été vers elle, quand elle était sur ces pierres ; j’aurais bien su trouver moyen de lier la conversation.

Quel beau temps ! la campagne d’ici me semble bien belle, nous avons repassé par la porte près de la pyramide de Cestius.

Rencontré deux ecclésiastiques en grandes robes rouges et à chapeaux pointus.

Nous avons tourné le Palatin et nous sommes trouvés au bord du Tibre, devant la douane ; nous sommes descendus de voiture près le pont rompu, au bas de l’île du Tibre, délicieuse vue de chic, avec ses filets qui tournent dans l’eau.

Rentré à l’hôtel à 4 heures.

Déjà ses traits s’effacent dans ma mémoire.

Adieu ! adieu !

Mardi saint, 15 avril 1851.