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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/252

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lèvre, la moustache décrit ainsi un accent circonflexe très ouvert et laisse voir parfaitement toutes les finesses de la lèvre. (À propos de la manière de porter les moustaches à l’époque de Louis XIII.)

REMBRANDT. Portrait de vieille femme. — De face, ridée, terreuse, avec un voile noir sur la tête lui descendant jusqu’au milieu du front, et tombant sur chaque épaule.

TITIEN ? Philippe II, portrait, jusqu’au haut des cuisses. — Pourpoint noir doublé de fourrure grise, la main droite appuyée sur une table, la gauche sur le pommeau de son poignard.

Bien moins beau que celui de Naples, quoique ce soit tout à fait le même visage et la même taille.

La face a un vilain ton gris, pareil à celui de la fourrure, et quelque chose de terne qui ne me semble pas devoir être du Titien ?

CALLOT. La vie du soldat, douze petits tableaux. — L’arbre aux pendus : à un seul arbre il y en a vingt d’accrochés, un vingt et unième est sur l’échelle, précédé du bourreau et suivi d’un moine qui lui montre un crucifix, tandis que lui, les mains jointes, regarde au loin dans la campagne.

Au pied de l’arbre, un moine en exhorte un autre qui va tout à l’heure j passer à son tour, il écoute à genoux. De l’autre côté de l’arbre, à droite, deux hommes, deux condamnés, en chemise, jouent aux dés sur un tambour ; à droite au premier plan, un moine, un crucifix à la main, confesse un condamné, debout comme lui.

Les condamnés sont en chemise et en culotte, mais les pendus n’ont plus rien que la chemise.