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plaine qu’hier. Pour aller coucher à Salikli, nous avons incliné à l’Est ; maintenant nous allons dans l’Ouest, nous dirigeant sur Smyrne.

SART (SARDES). — À 1 heure et demie de Salikli, ruines de Sardes (Sart) ; à côté, petit café où nous déjeunons. Les ruines de Sardes sont au bas de la montagne, sur un espace d’un quart de lieue : souterrains en pierres et en mortier, à arcades parallèles, à demi enfouies en terre ; fragments de constructions romaines en pierre (belles constructions), surmontées de fragments de maçonneries en briques fort belles, ouvrage solide. Deux colonnes en marbre : pas une seule assise de même dimension, le chapiteau est à volutes ioniennes, le tailloir semé d’oves ; entre les volutes, des oves ; la base du chapiteau cannelée ; sur le profil du chapiteau, écailles de poisson. Le chapiteau de la colonne de droite (en arrivant de Salikli) est déplacé de la colonne et comme poussé du dehors. Très bel effet de l’ensemble, surtout en se tournant du côté de l’Ouest. Entre ces deux colonnes, petite montagne à angles et crêtes aigus, de couleur argileuse et nue ; au premier plan, au pied des colonnes, des broussailles, parmi lesquelles une colonne écroulée, comme dans la cour des Bubastites à Thèbes, seulement ici les dalles sont en marbre, cela fait de fières meules de moulin ; ces deux colonnes sont un peu grises et roussies par le haut.

Rien de remarquable, le reste de la journée. Pendant que nous déjeunons, passe une longue file de chameaux ; quelques-uns ont, des deux côtés de la tête, des espèces de pendants d’oreilles en coquillages de couleur. Ah ! qu’elles ne se doutaient