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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/22

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petites filles surtout, avec leur chevelure blonde qui a des tons jaune doré dedans.

BIRKÉ est au pied des montagnes (à gauche quand on vient de Odemisch), entouré de bois ; de loin, une ligne de peupliers. Avant d’arriver à la ville, lit d’un torrent large et profondément entré dans la terre ; des deux côtés, oliviers. On monte. Le torrent (à sec) passe au milieu de la ville en pente ; au fond, un grand pont en accent circonflexe.

Dans la route nous avons passé sur un pont en bois ; il n’y a que des poutres assez petites, mises de travers, elles sont la plupart pourries ou cassées, les pieds de nos chevaux enfoncent dedans ; mais il y a un parapet, chose étrange ! — Moins de tentes de Turcomans que la veille. — Maxime tire un aigle qu’il manque. — Nous rencontrons couché sur le chemin un cheval qui se crève, il a le dos tout suppurant, l’épaule dénudée, rouge ; il est dévoré par des millions de mouches. — Il a fait toute la journée un temps lourd, le ciel était couvert ; nos chevaux tourmentés des mouches, le mien faisait des bonds subits et donnait des saccades de tête.

Position d’un chameau de Turcoman à une halte de caravane ; il était couché sur le côté, comme un cheval à l’écurie (position très rare), et au lieu d’avoir les jambes repliées sous lui, l’épaule droite de devant et une partie de son cou étaient appuyées contre un sac, il se prélassait là comme un monsieur dans un fauteuil élastique.

Arrivés à Birké à 3 heures de l’après-midi, logés au conac, dans une charmante petite chambre turque : panneaux en boiseries peintes, plafond vert