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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/190

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Les femmes, toutes des religieuses en béguin, sont à droite : au fond, trois en béguin blanc, laides et se ressemblant, avec le nez de travers ; plus près de nous, une vieille religieuse en noir, la main dans le livre (je n’en vois pas dans ces peintures qui lisent dans le livre de messe, le livre est là, mais on rêve, on prie de cœur : il y a aussi à cela une raison esthétique, dont l’artiste à coup sûr ne s’est pas rendu compte), dessous de la mâchoire creux et ridé, tempes plates, mains supérieurement faites.

À gauche sont les hommes : un homme à genoux fait pendant à la religieuse ci-dessus, de même qu’un, debout après le groupe des hommes agenouillés, fait pendant à la splendide jeune femme debout (après le groupe des femmes agenouillées), vêtue de brocart et portant une croix d’or très ornée.

Mains de la Vierge !… Des points lumineux pétillent dans sa chevelure blonde, et s’en échappent en rayons.

Les Chérubins, contrairement à tous les autres personnages, sont gras, ronds, joufflus, frisés et bien plus modernes par rapport à nous. Au premier plan, ils font de la musique ; un, debout, soufflant dans une sorte de flageolet, est piété et s’écore sur sa cuisse le pied, portée en avant ; un autre, assis, joue d’une espèce de tehegour, dont il pince les cordes avec un long crochet. Le Chérubin qui encense a un mouvement de jambe pareil à celui de son encensoir : l’encensoir revient, et le Chérubin, suspendu en l’air, a les jambes qui s’en vont en arrière, en une courbe analogue, il encense de tout son corps et de tout