Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/182

Cette page n’a pas encore été corrigée


de la recommandation de l’agent de Brindisi pour un M. Lorenzo Miulla ; nous entrons dans une salle où des enfants jouent et crient le mot Puccinello, — Amabilité de notre hôte, homme dans le goût (physiquement) du sieur Delaporte, mais mieux. — Petits verres de rosolio. — Don Federico Lupi, moustaches, favoris rouges, nous mène à son hôtel. — Sa chambre, sa conversation ; idées de fusion et d’extinction des nationalistes sont répandues partout, quoique sous des formes différentes.

Salle d’attente. — Un jeune prêtre ; son frère, avocat.

Partis à 11 heures et demie.

Jeudi 13 février. — Le jeudi matin, pris le café à Barlette. — Déjeuner à 1 heure, à Foggia.

Temps froid. — Notre compagnon nous chante du Béranger, parle de la nature et porte sur sa poitrine une amulette en papier bleu de la Vierge du Carmel. — Pauvre Italie ! les régénérateurs du passé ne te feront pas revivre ; le parti libéral souhaite le protestantisme, c’est selon moi un anachronisme inepte.

Journée triste et froide, la diligence m’éreinte, notre compagnon nous embête ; la nuit, la route monte ; vers le matin, elle descend. — Chênes dans des vallées étroites, ressemblant à celles qui sont aux environs du mont de la République, avant d’arriver à Rouanne. Nous rencontrons pas mal de chapeaux pointus.

À Noia, nous marchons devant la diligence pour nous réchauffer les pieds. — Une femme nous donne à boire, nous nous mettons à l’abri sous la porte de sa maison ; elles étaient deux et