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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/167

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une base de colonne cannelée, énorme comme grosseur, voilà tout ce qui reste d’Olympie. Un peu plus loin, à droite, dans la plaine, un reste de mur romain.

Pour que les fouilles fussent fructueuses, il faudrait qu’elles fussent profondes ; l’Alphée a dû, dans son cours très capricieux, apporter beaucoup de terres, l’alluvion se reconnaît à chaque instant ; parfois sur le bord du chemin nous voyons des pans de terre remplis de galets, c’est comme un plum-pudding où il j aurait plus de raisins de Corinthe que de pain.

Deux paysans nous rejoignent et nous offrent à acheter une petite monnaie des princes de Morée et une chétive urne lacrymatoire fausse.

Bientôt la montagne cesse et tourne complètement à droite, l’Alphée s’en va vers la gauche dans la direction de la mer, nous entrons dans la grande et boueuse plaine de Palumba. Cultures de place en place, roseaux au bord des petits cours d’eau, l’Alphée a avancé quelques petits bras dans les terres plates et molles, comme des criques. Nous déjeunons au bord d’un petit ruisseau à côté des ligarias secs.

De temps à autre, dans l’herbe, une fleur d’iris.

Nous nous perdons et sommes obligés de revenir sur nos pas ; mon cheval, entrant dans la boue jusque par derrière les jarrets, manque d’y rester.

Un paysan laboure avec deux petits bœufs et sa charrue de bois, qui entre dans la terre comme dans du beurre, il ne la pousse pas, il la maintient seulement (hier j’ai rencontré un homme qui la portait sur son dos), les deux bœufs noirs marchaient devant lui, n’ayant que le joug.