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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/160

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de Messénie, on ne tarde pas à apercevoir la mer d’Arcadie sur la gauche.

Montées, descentes, quelquefois la route revient si brusquement sur elle-même, dans les pentes, que votre cheval a peine à tourner ; puis on entre ans un petit bassin, et l’on remonte. — Passage sous des chênes nains, élevés, ombreux ; froid, qui doit être, l’été, délicieux. Les chênes ont des caleçons de velours vert en mousse.

Un quart d’heure avant d’arriver au village où nous déjeunons, traversé un large torrent (avant le torrent, une longue chute d’eau qui tombe de la montagne, à droite de la route ; après cette chute une autre plus petite et moins belle), le Bazi ; un platane renversé arrête l’eau et la barre, ça fait cataracte, elle passe par-dessus et tombe.

Déjeuner au village de Dravoï, dans une maison aux poutres calcinées par la fumée. Nous marchandons à deux belles filles qui se trouvent là des mouchoirs brodés qu’elles se mettent sur la tête ; j’en achète un. — Une surtout, petite, grosse, figure blanche et carrée ; c’est elle qui, tenant un enfant par la main et debout sur le seuil de la maison, avait reculé quand elle m’avait vu arrêter mon cheval.

Pendant notre repas, pose d’un vilain petit chien qui reste assis sur son cul, les jambes de devant levées et retombant le long de sa poitrine.

Le jeune garçon, pâle et nu-tête, qui avait tenu nos chevaux pendant que nous déjeunions, marche devant nous pour nous servir de guide au temple d’Apollon Epicureus ; nous devons gravir maintenant le mont Lycée.

Au bout d’une heure et demie, nous arrivons au