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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/155

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est l’église, un grand chêne nain ; de là, vue de la plaine.

Nous continuons dans les bois, descendant tout doucement, écoutant mon cheval qui butte sur les cailloux ; je suis triste, et le soleil est très beau pourtant !

LÉONDARI se découvre tout à coup, sur une éminence qui domine la plaine de Mégalopolis. Grande quantité de ruines turques, gros bourg. Nous mangeons des oranges chez un épicier, où j’achète une peau de renard pour réparer ma peau de bique, pendant qu’on repique des clous aux fers de nos chevaux.

De Léondari jusqu’ici, on descend à travers des chênes, la vue de la plaine vous est cachée par de perpétuels mouvements de terrain. — Un torrent, le Xérillo, affluent de l’Alphée.

Les chênes, d’abord broussailles, deviennent ensuite de véritables arbres ; c’est une forêt, puis place plus clairsemée, sans feuilles, où ils sont arbrisseaux, leur tronc est très noir. Dans la forêt nous rencontrons un homme avec une petite fille que l’affreux chien du gendarme veut mordre ; plus loin, deux jeunes gens ; celui qui marchait derrière portant un long bâton recourbé de pasteur, et maigre, avait sous son bonnet de longs cheveux noirs, épars, très découverts.

Avant d’arriver à Macriplagi, vue de la plaine de Messénie.

Logés dans un khan avec grand balcon, d’où en se retournant à droite on voit la plaine. Coucher de soleil : le ciel noir, finissant par une ligne droite, rectangulaire, s’épatant par les deux bouts ; en dessous, longue bande large, blanc