Ouvrir le menu principal

Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/15

Cette page n’a pas encore été corrigée


coups. — Sur la montagne pelée, groupe de cinq à six maisons en pierres sèches, les arbustes se tassent, c’est presque un petit makis. On tourne brusquement à droite, contournant le pied de la montagne et l’on arrive au fleuve que l’on passe en bac. Le bateau se conduit avec une corde faite de ceps de vigne rattachés avec des ficelles. Au pied de la montagne d’en face, un peu sur la gauche, Haïdin (Gusel-Issar), avec les minarets blancs de ses mosquées. De là à la ville on marche dans une plaine ; la route, bientôt, va entre des espèces de hauts bords, nous rencontrons des chariots à roues pleines, au lieu de ridelles ce sont de hautes claires-voies en osier, c’est conduit par un timon et deux bœufs.

GUSEL-ISSAR. — Nous traversons la ville et logeons à l’autre bout, au Seraï, très grand, dans une pièce spacieuse. Divans larges.

Achats de provisions de voyage dans la ville. Elle est en pente, grands auvents au-dessus des boutiques. On voit qu’on est dans un pays froid : feutres, gros vêtements de drap, jambarts en laine. — Aspect un peu tartare. Quoique le pays, comme nature, ressemble bien plus à l’Europe qu’à la Syrie par exemple, ça paraît plus asiatique, plus reculé, plus lointain, — Un beau platane dans une rue, près de la boutique où nous avons acheté des feutres pour nos chevaux. — Chez les marchands de tabac, le tabac est dans de grands bocaux de verre, comme il y en a chez les confiseurs pour mettre les dragées. — On vend de la glace ; marchands de gâteaux au miel et de calvas (sorte de gélatine élastique au miel). — Notre hôte Hadji Osman Effendi, homme de hautes façons. —