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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/148

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Mercredi 29. — On traverse encore, en sortant du khan, le Saranda Potamos. En face le khan il y a, sur la montagne, les ruines d’un château. Le fleuve se resserre, la route continue dans le Sud ; ce sont, des deux côtés, de petites montagnes à base très large et formant de temps à autre des sortes de bassins ; les terrains, fond gris, sont couverts de la chétive verdure des chênes nains. Paysage grêle pendant quatre grandes heures. Quelque temps avant d’arriver au khan de Kravata, on descend, la végétation augmente, les monticules se succèdent, il faut les monter et les descendre ; dans des champs cultivés, sur la droite, oliviers. On passe entre des arbousiers, des poiriers sauvages, des lentisques, un petit torrent coule sur des pierres vertes ; terrain végéteux des deux côtés, la route ombreuse passe au milieu.

Le khan de Kravata sur une éminence : une prairie, avec des mûriers et des platanes (le tout sans feuilles), les platanes, comme des têtards, ont poussé au bord de l’eau ; au bout de la prairie coule un fleuve ; derrière le fleuve, la prairie, puis des montagnes basses à ton roux, très épatées de base. La neige cesse de craquer sous nos pas ; ce matin, nous avons traversé une campagne où il y en avait par places de grandes épaisseurs. Comme il a gelé depuis, la marque des pieds des chevaux est restée dedans comme une sculpture en creux, ainsi que cela se voit sur le roc, dans les passages étroits de la route. — Combien a-t-il fallu de caravanes pour creuser ainsi le rocher !

À partir de Kravata on descend la montagne (mont Parnom) ; une sorte de plaine, bassin entouré