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gauche, autres gradins : c’étaient probablement les marches servant à parvenir à quelque édifice supérieur disparu. Près des ruines du théâtre, restes d’une église en pierre et mortier revêtus de briques, construction byzantine ( ? ).

La route continue par la plaine (on voit très bien Nauplie à gauche) jusqu’à un coude où il y a une caverne dans le rocher ; un fort ruisseau sort en cet endroit ; sur la paroi intérieure du rocher, une croix peinte : c’est une chapelle grecque.

Nous entrons dans la montagne, où nous cheminons pendant quatre heures, nous entrons dans les nuages et nous en sortons tour à tour. Partout le terrain stérile est couvert de petites touffes de chênes nains. Quelquefois nous découvrons, au milieu d’un vallon longitudinal, une chaîne qui le remplit ; il y a de grandes pentes de verdure abruptes. Une heure avant d’arriver à la station, nous marchons sur une route nouvelle, horriblement faite, avec des tournants qui ont l’air imaginés pour faire verser les voitures.

Après-midi triste et pluvieux, j’étouffe sous ma couverture, qu’il faut pourtant mettre sous peine d’être trempé jusqu’aux os. François nous soigne, nous nous bourrons outrageusement aux repas pour nous prémunir contre le mauvais temps : dîner avec une soupe grasse, roastbeef, poisson de mer, merles, pruneaux cuits, figues et amandes, une bouteille de vin de Santorin.

Nous sommes logés dans un khan, le bois épineux du chêne nain brûle dans le foyer, nos affaires sèchent autour ; j’entends sous moi manger les chevaux au râtelier. Un enfant nous apporte du bois, Max est couché, j’ai bien peur que nos pauvres