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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/142

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travers des blés verts, un homme de la campagne nous crie des malédictions pour ce méfait. Nous continuons à doubler un mamelon, devant nous s’étend un petit mur bâti de pierres cyclopéennes, nous tournons et nous entrons dans une sorte de petite rue ou couloir ayant de chaque côté un mur cyclopéen.

Lions de Mycènes. — Au fond, établis sur le chambranle de la porte (pierre unique appuyée, sur deux autres, comme les trilithes de Bretagne), se voient les deux fameux lions : sculpture lourde, mais vigoureuse ; à tous les deux, à la place du jarret, des anneaux ou bourrelets ronds ; la queue est puissante, la dernière fausse côte indiquée.

MYCÈNES. — Verdure et pierres grises sur un monticule entre deux collines de forme à peu près pyramidale, très hautes par rapport à lui.

Un peu plus bas. Trésor des Atrides, édifice souterrain, en forme de cornet très évasé, ouvrage cyclopéen. Une porte et, au-dessus de la porte, une ouverture de forme pyramidale, à même les pierres, qui sont taillées : ce monument est très grand et d’un bel effet. À côté, à droite en entrant, une chambre souterraine, plus petite, taillée à même le roc. Les murs du Trésor ont des trous sur le bord supérieur de chaque pierre, comme si elles avaient été revêtues de plaques métalliques.

La route descend, la plaine s’étend devant elle, sur la gauche ; les montagnes qui la bordent de ce côté nous sont cachées par la brume ; à droite, montagnes plus près ; dans leurs rides, il y a de la neige. Nous passons à gué une rivière, où nous voyons la culée de l’arche d’un pont détruit.