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Page:Flaubert - Notes de voyages, II.djvu/136

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enfermé par des montagnes aux formes allongées et très découpées sur leur galbe : ce sont les montagnes de Salamine ; à gauche, on retrouve encore une autre mer, c’est celle qui va jusqu’à Eleusis. Sur le bord des flots, à gauche, Nisée (dodeka ecclesiai) ; nous y distinguons des pierres. Près de là, vers le Sud, deux petites îles ; sur la droite, de l’autre côté du golfe, une île plus grande en forme de tortue.

Nous sommes conduits par un vieillard qui nous mène jusqu’au haut du pays, au pied d’une tour franque bâtie en vilaines pierres grises entremêlées de briques. Dans un mur, une inscription placée à l’envers. Traces des fondements d’une grande construction franque.

De l’acropole (j’appelle ainsi le point le plus élevé), vue de la mer quand on se tourne vers le Sud, vue de la grande plaine quand on se tourne vers le Nord. Au fond de la plaine, verdures fortes, la plaine est verte et très grasse de ton, surtout à son extrémité ; les montagnes d’en face, qui vous séparent de la Béotie, grises et contrastant comme ton avec le Cithéron tout blanc, qui est à gauche, au dernier plan, et la verdure qui s’étend au premier.

Mégare, 9 heures du soir.

Samedi 25. — En partant de Mégare, la route, inclinant sur la droite, s’enfonce dans les terres et bientôt monte légèrement ; dans un pli de terrain, nous rencontrons un troupeau de moutons et de petits agneaux dont les voix éplorées font retentir la campagne.

La route monte, il y a quelques oliviers, le terrain