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Les Thermopyles ne seraient-ils pas la gorge étroite au haut de laquelle est Budanitza ? Alors je comprends que, pour arriver à ce sommet, les Perses aient mis toute la nuit. Quel est le sens du mot précis traduit par défilé dans Larcher ? En résumé, c’est là, à l’extrémité Nord de cette longue colline, que devait se trouver le passage, ou c’est la gorge de Budanitza. Dans cette hypothèse, les Perses, par le flanc, auraient pu tomber dans la mer, et c’est bien là un défilé, et qui s’ouvre par en bas, qui a une « place plus large ».

Mais l’objection revient toujours : Pourquoi les Perses se sont-ils obstinés à venir par là, tandis qu’au delà des sources d’eau chaude, il y a une grande entrée dans la montagne ?

Jusqu’à Molos, route plate, assez belle, entre des arbustes.

Molos, grand village, étendu sur le terrain marécageux, près de la mer, en face Stihdia de l’autre côté du golfe. — Logés chez un pappas.

Molos, 8 heures du soir.

Vendredi 10. —Journée pénible et longue. Partis à 8 heures de Molos, arrivés à Rapurna (Chéronée) à 5 heures du soir, ne nous étant arrêtés que vingt minutes à peu près.

En quittant Molos, on va quelque temps sur la plaine mamelonneuse qui s’étend jusqu’à la mer ou côtoie la montagne. — Tournant à droite. — Un grand torrent. — Après l’avoir passé on aperçoit les platanes ; ils augmentent. On monte insensiblement, gardant le torrent à sa gauche, puis l’on entre dans un véritable bois de platanes, ils sont tous dépouillés, leurs feuilles amortissent le bruit des