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partout (elles ont été toutes relevées par M. Lebas). — Vestiges réguliers d’un ancien théâtre, disparaissant sous les arbustes : c’est en dehors du village, au pied de la montagne. — Dans la cour de la colonne corinthienne qui est demeurée debout, il y a un grenadier avec toutes ses grenades et une vigne qui est montée sur un arbre mort, crochu : c’est comme un bras qui étendrait l’ample manche qui le recouvre.

Au coucher du soleil, les nuages sont accumulés sur les montagnes, comme seraient d’autres montagnes, ils en ont la forme ; dans l’Ouest, les nuages sont au contraire longitudinaux et incendiés.

Un chien noir suit Stéphany et le caresse.

Nous dînons dans le pavillon de verdure avec notre vieux Turc à barbe blanche ; une lanterne, accrochée dans un coin, éclaire à peine. — Effet d’un de ses zeibeks armé, encadré par le feuillage à la porte. — Le soir, à la lueur d’un machallah porté par un Grec, on nous montre, dans la cour du harem du gouverneur (grande maison carrée), une petite vasque carrée ornée de guirlandes attachées à des têtes d’hommes, d’un goût lourd et très décadent.

Nous couchons dans une chambre, près d’une cheminée dont le dessus est percé de quantités de petits trous carrés et où brûle à peine un feu de sapin. J’entends la voix de Stéphany qui blague avec les gardes. Nuit pleine de puces. À 3 heures, les gardes dans la salle à côté (ils dorment avec leur silaklik tout garni de pistolets) se réveillent et font du feu ; de temps à autre j’y vais. — Nègres tout armés et couchés par terre auprès du feu,