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Page:Flaubert - L’Éducation sentimentale éd. Conard.djvu/551

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près de lui, et commença tout de suite, à propos de fresques, une longue dissertation. La cloche tinta. On sortit de l’église.

Le corbillard, orné de draperies pendantes et de hauts plumets, s’achemina vers le Père-Lachaise, tiré par quatre chevaux noirs ayant des tresses dans la crinière, des panaches sur la tête, et qu’enveloppaient jusqu’aux sabots de larges caparaçons brodés d’argent. Leur cocher, en bottes à l’écuyère, portait un chapeau à trois cornes avec un long crêpe retombant. Les cordons étaient tenus par quatre personnages : un questeur de la Chambre des députés, un membre du Conseil général de l’Aube, un délégué des houilles, et Fumichon, comme ami. La calèche du défunt et douze voitures de deuil suivaient. Les conviés, par derrière, emplissaient le milieu du boulevard.

Pour voir tout cela, les passants s’arrêtaient ; des femmes, leur marmot entre les bras, montaient sur des chaises, et des gens qui prenaient des chopes dans les cafés apparaissaient aux fenêtres, une queue de billard à la main.

La route était longue ; et, comme dans les repas de cérémonie où l’on est réservé d’abord, puis expansif, la tenue générale se relâcha bientôt. On ne causait que du refus d’allocation fait par la Chambre au Président129. M. Piscatory130 s’était montré trop acerbe, Montalembert131 « magnifique, comme d’habitudes », et MM. Chambolle132, Pidoux, Creton, enfin toute la commission aurait dû suivre, peut-être, l’avis de MM. Quentin-Bauchard et Dufour.

Ces entretiens continuèrent dans la rue de la Roquette, bordée par des boutiques, où l’on ne