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Ils se sont rendus à Saint-Pascal. Alexandre désire que sa femme fasse immédiatement connaissance avec ses parents. Elle est heureuse de l’accueil affectueux que lui fait sa nouvelle famille. On la reçoit avec tant de bonne grâce qu’elle ne peut s’imaginer n’avoir pas toujours été la sœur de ces joyeux campagnards. Elle vit d’émerveillement en émerveillement. Une campagne, une vraie campagne, elle n’en avait jamais vu non plus. Toute sa vie avait été renfermée jusqu’à ce jour entre son atelier et la chaise d’un malade. Au contact de la nature, de la sève qui monte, du soleil qui éclaire beaucoup plus qu’à la ville, elle se sent revivre, elle ne s’est jamais connu un tel enthousiasme.

Le père d’Alexandre ne peut s’empêcher de faire remarquer :

— Deux mois de cette vie, et elle serait une autre femme.

Comme tout doit avoir un terme sur terre, les vacances accordées à Alexandre ont pris fin, il leur faut retourner dans la grande ville, ils rapportent avec eux tant de souvenirs doux et agréables qu’ils pourront en vivre jusqu’à leur nouvelle visite, qu’ils assurent prochaine.

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Cette sensation de lassitude que Laure a ressentie après le mariage de son frère, elle se fait de plus en plus fortement sentir. Elle demande ses vacances, et part pour Sainte-Hélène de Kamouraska le lendemain du jour où les nouveaux époux sont venus prendre possession du nid qu’elle s’est tant dépensée pour leur préparer.