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prudence rocaleux

— Je vous la montrerai en allant prendre le funiculaire.

— Ah ! c’est le funiculaire qui me soucie.

— Nous redescendrons par les jardins.

— Ah ! il y a des jardins… J’irai par là.

— Non, parce que vous seriez en nage. Il fait trop chaud et, de plus, vous auriez mal aux jambes.·

— Je ferai comme Madame voudra.

Vers 15 heures, Prudence était prête. Assise dans l’office, elle attendait sa patronne qui se préparait.

Jacques survint.

— Alors, Prudence, vous allez faire connaissance avec la bonne Vierge de Fourvière ?

— Oui, M’sieu Jacques.

— Vous verrez tout Lyon de là-haut.

— C’est ce qu’on m’a dit.

— Vous brûlerez un cierge, et si vous voyez une belle jeune fille qui n’aura ni l’air bête ni méchant, vous la prendrez par la main et vous me l’amènerez.

Et Jacques partit d’un bel éclat de rire et s’en alla alors que Prudence murmurait :

— Plus souvent que je m’occuperai de marier les gens ! D’abord, je ne veux plus parler à personne.

Mme Dilaret parut en disant :

— Je suis prête ; partons.

Ces dames cheminèrent à pas de promenade vers le quartier Saint-Jean. Prudence n’osait pas regarder la colline de Fourvière, tellement elle la trouvait haute.

Quand elle aperçut la montée qu’allait prendre le funiculaire, elle eut un recul et souffla à Mme Dilaret :

— Jamais, je ne monterai là dedans !

— Ne faites pas l’enfant à votre âge, Prudence ; vous voyez que personne n’a peur. Des bébés de 3 ans y vont gaiement.