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celui que j’aime était à Paris, je m’y précipiterais pour«essayer de l’apercevoir dans les rues… Tu ne peux t’imaginer quelle émotion s’empare de moi quand je suis les chemins qu’il a foulés… Mais en ce moment je sais qu’il est absent de Paris…

— Ah ! répondit simplement Christiane.

Toute question lui semblait indiscrète. Elle écoutait Bertranne, s’émerveillant de la sentir si vivante, si attachée à un être presque inconnu.

Elle s’amusait un peu des raisonnements, des enthousiasmes que son amie exprimait, mais la mélancolie qu’elle accusait aussi parfois lui faisait peine.

— Je te plains beaucoup… Je voudrais tant te voir heureuse. Il me semble que ton sort est immérité… puis-je t’aider ?

— C’est impossible… Tu ne peux : aller dire à ce monsieur : Aimez Bertranne…. Ta bonne volonté ne peut servir… Je ne me sens pas de force à subir l’ironie d’une semblable prière… Il faut, avant, tout, rester digne… Je suis surprise autant qu’émue de ta compassion, toi qui as comblé de douleur un homme qui t’avait choisie…

— Peut-être ai-je eu tort… murmura doucement Christiane.