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Mme Gendel, de naturel accueillant, montra d’autant plus cette qualité qu’elle s’ennuyait déjà à périr. L’annonce d’un visiteur l’avait grandement intriguée.

Elle ne reconnut aucun de ses amis et son étonnement se manifesta par un haussement de sourcils, qu’elle ne put dissimuler, et par une question qui demandait une rapide explication.

— À quoi puis-je attribuer votre venue, monsieur ?

Robert Bartale décida d’éclairer tout de suite Mme Gendel sur ses sentiments et lui exposa le motif de sa visite, ainsi que son désir de voir Christiane, afin de repartir avec une réponse satisfaisante.

L’aimable veuve fut conquise par tant de fougue et de passion et contempla le jeune homme avec intérêt. Elle l’assura de sa sympathie, mais elle dit :

— Je crains que vous ne puissiez voir ma fille, elle est souffrante.

Un nuage passa sur son front, alors qu’elle prononçait ces paroles, tandis que le visiteur esquissait un geste découragé.

Elle reprit :

— Christiane m’a parlé de vous et vous êtes bien comme elle vous a dépeint… Malheureusement, elle a une idée contre le mariage, et m’a signifié maintes fois qu’elle s’y refuserait. Je ne vous cacherai pas que cela me contrarie fort et que vous aurez en moi une alliée combative…

Robert ne fut pas troublé par cette déclaration, puisqu’il savait pourquoi la jeune fille ne voulait pas se