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Chacun se meut selon d’intimes convictions et si sa jeune amie pressentait qu’elle ne pourrait trouver le bonheur dans le mariage, il valait mieux ne pas pousser Robert vers elle.

Ce que prévoyait M. Lavique arriva.

Alors que Robert Bartale, un jour du mois de juin, était en visite chez ses vieux amis, Christiane entra.

Elle pâlit en l’apercevant et elle eut un mouvement de recul qui n’échappa pas à la vieille dame.

Le jeune homme s’occupait trop à la contempler pour apprécier la valeur de son geste, et M. Lavique, enchanté du conflit qui flottait dans l'air, ne le remarqua pas.

La conversation s’anima entre les quatre interlocuteurs, mais elle menaçait de se confiner dans des généralités, si deux arrivants n’étaient survenus. C’était deux savants qui ne s’inquiétèrent nullement de l’aparté que Robert se ménagea.

Christiane ne put s’y dérober.

Sous prétexte de l’aider à offrir le thé, le jeune homme la suivit dans un petit salon où elle fut forcée de l’écouter bon gré, mal gré…

M. Lavique exultait : « Il la tient », murmura-t-il. Sa femme ne laissait pas que d’être un peu anxieuse. Quant à Christiane elle se trouvait suppliciée.

— Mademoiselle, je suis profondément heureux de vous revoir…

Il attendit une réponse, mais Christiane resta silencieuse, s’affairant devant les tasses et la théière.