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maugréa Mme Fodeur très mécontente, c’est qu’une fille intelligente comme toi s’amuse à raconter .des sornettes pareilles. Ce que tu dis là est inutile et ne change rien aux lois établies.

— Mère, tu parles comme une philosophe, mais tu as cinquante ans. La vie, pour toi, est un passé, pour moi, elle est l’avenir. Je déplore le mal qu’il faut se donner, alors que le soleil luit et qu’il devrait éclairer tout le monde. Ceci est une métaphore pour exprimer mon désir de voir chacun avec la somme de joie à laquelle il a droit.

— C’est impossible, dit Christiane, les plantes elles-mêmes ne sont pas égales,

— Tu as raison, Minerve. Eh ! bien, sortons, ne pensons qu’à l’heure présente. Nous ne discuterons pas, nous irons droit devant nous, en regardant les belles dames vêtues élégamment. À toi, Christiane, j’envie le privilège que tu as, d’être habillée par de bons faiseurs. Ce tailleur te va merveilleusement, ce bleu doux, ce petit chapeau du même ton sur tes cheveux blonds.

— Je te trouve beaucoup mieux que moi, interrompit Christiane, tu as une personnalité, un cachet, et puis tes yeux, ma bonne Bertranne, tes yeux.

— Ah ! oui, mes yeux qui ont failli incendier un agent de police dernièrement. Il a levé son bâton