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sur la tête de son amie et continua, plus lentement ;

— Quelle abnégation ! Je n’ai rien deviné… Il a fallu que dans les ténèbres où j’entre cette lueur m’éblouît… Maintenant, je saisis les paroles de mère : Ton mari est un prêt… Aujourd’hui, Christiane, je te rends ton fiancé… Puis je te remercie de m’avoir aimée ainsi.

Christiane pleurait sans pouvoir atténuer ses larmes.

Robert ne bougeait pas. Il semblait une statue.

— Ne crois pas surtout, continua Bertranne, que je me sois blessée « exprès »… Non, ce serait une erreur de l’imaginer… J’aimais le bonheur que j’avais et il faut qu’il me tombe des mains pour que je sache ce qu’il valait… Pourtant, je ne regrette pas de m’en aller et tu devines pourquoi…

— Je ne suis pas digne de ta grande âme ! s’écria Christiane… J’ai failli te détester…

Elle regarda franchement son amie, voulant s’humilier.

— Mais, non, riposta Bertranne, tu souffrais trop tout simplement et tu aurais recommencé ton geste magnifique.

Les deux amies s’étreignirent.

— Maintenant, tout est bien, tout est net… La justice logique nous vient en aide… Ne pleure plus, ché-