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ment interpréter ce mot plein de réticences, dont, maintenant, elle subissait la puissance occulte ?

Attendre quoi ?

Pendant vingt-quatre heures, la malheureuse jeune fille resta sous cette influence. Sa nuit fut traversée de cauchemars incohérents, et elle ne sortit pas de la journée, condamnant sa porte.

Son esprit inquiet errait de Bertranne à Robert. Un malaise l’oppressait et elle restait inerte.

Au bout de ce temps, elle se secoua et décida de forcer son esprit à un travail quelconque.

Elle partit pour une station de sports d’hiver. Elle respira l’air salubre. Elle prit plaisir à la joie de la jeunesse autour d’elle, qui s’amusait avec la neige comme avec une amie.

Elle admira les patineuses et les skieurs ; elle s’effraya aussi de leurs sauts.

Elle s’attacha à une frêle jeune fille qui la traita tout de suite en grande sœur et lui parlait sans cesse de son frère qui devait venir.

Là, Christiane oublia quelque peu les paroles de Mme Fodeur. Elle s’accusa de puérilité.

Elle n’avait eu aucune nouvelle de Bertranne, quand elle lui avait annoncé son départ, exigé, disait-elle, par la Faculté.

Tout glissait pour elle dans l’ombre. Elle était presque paisible en son cœur. Elle se laissait bercer par les démonstrations affectueuses de Marinette d’Effril, sa petite amie, et