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tre pensée ?… Rassurez-vous madame, je n’en suis pas encore là…

La veuve se mordit les lèvres. Elle s’était souvenue tout à coup, que Christiane était la fille de la brillante Mme Gendel qui avait fait peur à bien des femmes jalouses, et une épouvante irréfléchie l’avait entraînée.

Christiane avait compris sa pensée. Une pâleur de cendre couvrit ses traits et elle répondit presque sourdement :

— Le passé de ma mère m’est une protection contre tout danger de ce genre… J’ai trop souffert de la voir rieuse et coquette… J’ai trop remarqué de jeunes femmes torturées par sa beauté, son esprit et son entrain, pour suivre la même voie… Je ne veux pas de semblables remords…

— Ma chère enfant, je suis désespérée de vous savoir dans cet état d’amertume… Je pensais que le temps adoucirait votre peine, mais j’espère que la paix vous viendra…

Christiane écouta ces phrases banales sans y répondre et Mme Fodeur la quitta, vaguement inquiète de ce chagrin qui ne cédait pas.

La jeune fille s’en voulait de s’être laissée aller à parler. C’était inutile. Les actes étaient consommés et nulle parole ne pouvait contre eux.

Elle eut soudain le désir de partir pour les Chaumes. Le mois de septembre dans lequel on entrait était beau et finissait un été superbe.