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La veuve, soudain, négligea son rôle effacé.

Elle pénétra dans le salon, très droite, consciente d’être de nouveau une personnalité de par le brillant mariage de Bertranne, et elle n’envia plus l’ambiance pleine de confort de Mlle Gendel.

Elle eût été fort étonnée cependant d’entendre que son attitude se modifiait, n’en ayant nullement le désir.

À peine assise, elle s’écria :

— Quel beau jour pour moi ! Il me fallait vraiment confier ma joie à quelqu’un. Et qui pouvait mieux le comprendre que vous, qui aimez tant ma fille.

Christiane écoutait sans mot dire.

— Avez-vous remarqué combien elle était jolie, et quelle peine prenait Robert pour dissimuler au public son air épris ?… Ces amoureux sont impayables ! Quel superbe couple ! La robe de Bertranne était étonnamment réussie.

Christiane approuvait, martyrisée.

Le verbiage de Mme Fodeur l’excédait à un point inimaginable.

Elle jugeait que cette mère manquait de délicatesse et que sa vanité, comme le bonheur de sa fille, auraient dû rester silencieux.

Elle s’étonnait de découvrir si peu de modestie à une personne qui l’enseignait.

Mme Fodeur ne se doutait pas des sentiments de la jeune fille, qu’elle connaissait docile et dévouée et elle s’imaginait encore moins qu’une révolte pût gronder en elle.

Aujourd’hui, elle arrivait glorieu-