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pas l’avoir aimé, lui, au point de négliger les confidences de Bertranne.

La nuit se passa en ces agitations contraires, et au petit jour seulement il se jeta sur son lit, pris d’un engourdissement où le cauchemar se trahissait encore.

Quand il se réveilla, il accusa son imagination de l’avoir égaré. Cependant le doute subsistait en lui, mais il était « trop tard ». Inconsciemment, il répétait les mêmes paroles que Christiane. Il ne pouvait causer de scandale.

Si Mlle Gendel avait réellement tenu à lui, elle se serait arrangée pour éviter ce cruel malentendu. Il essayait de se convaincre que le dévouement comptait moins qu’une autre cause qu’il ignorait.

Ce fut sous l’empire de ces pensées qu’il arriva près de sa fiancée. Bertranne l’attendait, radieuse, émue par son destin qui l’étonnait.

Mme Fodeur, sous un masque rigide, cachait la joie violente qui la possédait.

De ces trois personnes, Bertranne seule montrait avec sincérité le fond de son âme.

La cérémonie fut rapide, et, à l’issue de la messe, des amis défilèrent. Parmi eux, se trouvait Christiane. Elle avait résolu, jusqu’au dernier moment, de chercher un prétexte pour échapper à ce calvaire, mais son énergie l’avait reconquise et elle s’était dit qu’il valait mieux commencer sans tarder son rôle de spectatrice. Il ne fallait pas qu’on soupçonnât son sacrifice et le plus sim-