Page:Fiel - Le Sacrifice et l'Amour, paru dans l'Écho de Paris du 3 février au 7 mars 1934.djvu/139

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


M. et Mme Lavique n’avaient pas eu le temps d’apprendre l’entrée de Robert qu’ils recevaient cette nouvelle en plein repas.

M. Lavique le regarda et pensa que le plus fou était cet homme hors de lui, qui venait troubler la digestion de deux vieillards.

Mme Lavique, plus atteinte par le mystère qui planait, s’écria :

— Christiane folle ? Que se passe-t-il ?

Robert se rendit alors compte de son infraction à la politesse, et il s’empressa de saluer et de s’excuser en un effort d’homme du monde. Mais cet essai ne fut même pas remarqué, et M. Lavique s’inquiéta :

— Voyons… expliquez-nous posément ce qui arrive.

— Eh ! bien, Christiane vient de me signifier la rupture de nos fiançailles…

La même exclamation stupéfaite sortit des lèvres des époux. Mme Lavique, atterrée, examinait Robert, dont elle voyait maintenant l’état d’agitation désespérée.

Le jeune homme avait perdu cette allure souriante dont le charme était si grand chez lui. Son visage, décomposé par la colère et le chagrin, présentait un aspect inconnu.

— Mais oui, c’est de la folie !… gémit M. Lavique.

Le vocable était dans l’air et aucun autre ne semblait plus propre à qualifier l’événement.

— Mais, à propos de quoi, cette rupture ? Christiane vous aime…