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tre est en baisse... il a voulu profiter de l’atmosphère encore dorée du moment.

— Nous découvrirons où il se cache ! déclara Louise avec un soupçon de colère. Il a été indigne avec nous.

— Dites simplement que nous lui sommes indifférentes ! trancha glacialement Cécile.

— Nous méritions mieux ! dit Louise.

— C’est peut-être fort bien ainsi ! murmura Roberte. S’il avait choisi l’une de nous, c’eût été un désastre pour notre amitié,

— Nous nous marierons un jour, dit Cécile, et il n’y aura pas de désastre pour notre entente. Je présume !

— Mais là, le cas était spécial… nous étions attirées par le même personnage… on ne peut le nier.

Il y eut un silence.

Après quelques pas, agrémentés de différents sujets de conversation, les trois jeunes filles regagnèrent leurs logis respectifs. Elles avalent changé d’allure involontairement. Elles se sentaient grandies dans leur propre estime, parce que l’invitation de Mlle de Saint-Armel hantait leur esprit.

Elles marchaient droite, dignes, légèrement dédaigneuses, quand elles passaient près de personnes connues, mais qu’elles savaient ne pas pouvoir prétendre à la même gloire.

Dans l’hôtel de Saint-Armel, une jeune fille attendait, avec un peu d’angoisse au cœur, l’arrivée de ses futures amies.

Elle s’en réjouissait follement Sa mélancolie s’envolait. Elle chantait, elle courait dans les pièces immenses, et elle s’élançait vers sa tante en disant :

— Que faudra-t-il que je raconte, ma tante, et croyez-vous que je plairai à